Je me rapelle de ces gens qui hurlaient, lorsque le premier impact se fit entendre. Les yeux exhorbités, les mains sérrées... Pauvres cons, ce n'est pas au moment de votre mort qu'il faut se serrer les coudes. La première crise aurait du vous interpeller.
Je repense à ces gens, ceux qui n'ont pas survécus, ceux dont on a déjà oublié les noms, ceux dont la vie a été effacée, leur existence rayée...
Petite pensée aussi à ceux qui n'ont jamais fait leur testament, ceux qui n'ont pas pu léguer leur misère....
Bande d'enfoiré....
Le vent souffle de plus en plus fort, je passe devant l'Empire State Bulding, ou plutôt, ce qu'il en reste... La poussière recouvre déja une partie de ce qui autrefois semblait planté au sol pour l'éternité et à jamais....
Ô vanité.... Vanitas vanitae n'a jamais aussi bien sonné....
Je passe devant un ancien pub... Ravagé lui aussi, comme si on l'avait éventré...
Je m'imagine alors ces hommes d'autrefois, ceux qui discutaient autour d'une bière, murmurant aussi , quelque fois, une histoire triviale les mettant en scène avec une blonde délurée sortant tout droit de leurs plus profonds fantasmes...
Quand je repense à ça...Ca ce qui s'est déroulé sous mes yeux avertis... L'homme s'est auto-supprimé....
Cette substance, nommée la toxine K.O a été la dernière erreur de l'homme, notre dernière erreur.
Je m'enfonce encore plus profondémment dans New York, mon sac à dos , moi et mon ombre, de plus en plus oppressante, comme si elle voulait me dévorer... Le soleil a disparu dans le ciel... Place aux ténèbres.
Je m'engage alors dans une sombre ruelle. Tout en me raccrochant à ce verset de la Bible.
"Et dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne crains rien, car tu es avec moi, et en moi."
L'homme est prêt à croire n'importe quoi pour sauver son âme... La peur de la mort, de la solitude spirituelle le pousse dans l'absurdité de croire en une soi disant autorité supérieure.
Un bruit derrière moi me tire de mes méditations. Un souffle , un bruissement, une forme d'éructations sauvage.
Je regarde par dessus mon épaule, une ombre passe rapidement dans les ténèbres qui semblent m'encercler.
Un survivant, impossible.Cela fait 15 jours que je n'en ai pas vue, et de plus, aucun survivant n'était en mesure de se déplacer...
Soudain, devant moi, un autre bruit, plus sourd.Je trésaille... Me voila pris au piège.
Je regarde dans l'obscurité voyant une masse difforme s'avancer vers moi.
Le visage de ma femme, Johanna... Elle avance, son corps apparait...Elle porte une robe noire, avec une paire de bas, aucunes chaussures...
Sur son visage, on peut voir la haine et la peine...Elle semble murmurer quelque chose... J'avance, tendant mon bras frèle vers la pénombre.
Elle me saisit le bras, et susurre:
"Pourquoi? Pourquoi l'avoir provoqué? Kylian aussi y est passé... On y est tous passé....
On t'attend Kévin, tous." Puis soudain,elle pleure.
Je sens une chose dans mon dos, comme un coup...Je me retourne, stupéfait de voir ce qui est devant moi.
Kylian... Pleurant lui aussi... Puis plus rien.... Sinon le chaos et le silence qui s'abattent dans la ruelle.
Je sais alors que c'est le fruit de mon imagination, et le poid du remord qui m'assoment.
Je cours alors, je cours beaucoup, en évitant les ténèbres...
Je m'arrete, me décidant à jetter le superflu de mon sac. Le rasoir, la bouteille d'eau pleine, les piles, et enfin le fusil à pompe.
Je songe à trouver un endroit ou dormir en paix.... Je ne sais plus ou je suis, la Big Apple est si grande surtout la nuit...
Je vois un immeuble, isolé. Un instant, un éclair, je me décide, je vais passer ma nuit dans cet immeuble.
J'entreprend alors de trouver un accès, et j'en trouve un....
La portes de derrière, comme d'habitude, est une issue de secours, donc une porte facile à défoncer.
J'entreprend ma dificile ascencsion de cet immeuble... 30 étages... Les portes des paartements sont encore fermée, mais d'autres entrouvertes, laissant voir des visions d'horreurs...
Arrivées au dernier étage, je défonce une porte au hasard...
La famille occupe encore cet appartement.
Je commence alors à deblayer les morts, les transportant de l'autre coté du couloir .
La jeune fille en décomposition, semblait encore toujours et vouloir jouer avec moi, son regard figé dans le mien...
Je m'installe dans l'appartement vidé de ses locataires, prend la premiere chambre avec un grand lit, y met mes affaires. Puis, je mange une boite de couscous, que je réchauffe à la poelle. Vint ensuite le temps de monter ma muraille...
Je barricade l'appartement, grace à une armoire métallique, au design étrange, mais qui pèse près de 100 kilos...Plus un canapé, et un meuble bas.
Je tente après de trouver des vêtements. J'ouvre l'armoire de la plus grande chambre. Je fouille, mais ne trouve que des sous vetements féminins affriolant, ou des jupes....
Rien d'interessant...
Je trace alors, sur une carte, l'itinéraire que je vais suivre pour rejoindre les plaine de l'Iowa....
Soudain, je revois des images, dans ma tête...
L'explosion, la contamination rapide, et les images apocalyptiques...
L'envie de crier me prend, crier pour extérioriser, évacuer...
J'en suis le responsable. Ces mots, oh ces mots qui me martèlent l'esprit....
"On t'attend, tous"... Même elle veut se venger. Lui aussi.
Une vie de demande d'absolution m'attend, ce qui signifie clairement que je vais devoir subir cette punition.
Ce qui signifie clairement que je vais mourir seul, après une vie de remords...
Cyniquement, je suis l'homme le plus riche du monde maintenant...Etant le dernier...
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